LE ROCKABILLY N’EST PAS MORT. LA PREUVE AVEC HILLBILLY MOON EXPLOSION, GROUPE TOUT DROIT SORTI D’UN FILM DE TARANTINO
Vous êtes déjà venus en France ?
Emanuela Hutter (chant) : Oui, nous avons déjà joué en France, c’est notre deuxième fois. Vous êtes un très bon public! Cet après midi, entre les interviews et la séance photo, nous avons eu le temps de nous balader dans Montmartre, c’est vraiment magnifique!
À quoi ressemble Raw Deal, votre nouvel album ?
Emanuela : À la fin de l’enregistrement, je me sentais comme libérée d’un poids, je pouvais désormais respirer, et m’attaquer à autre chose que le studio. J’ai hâte de défendre cet album. C’est comme une renaissance pour nous, c’est la continuité de ce que l’on a fait avant.
Oliver Baroni (contrebasse) : Tout le monde s’occupe toujours du prochain album avant de s’intéresser à celui qui est en cours, c’est assez drôle. C’est un truc de journaliste ça, que de nous demander des nouvelles du prochain album. Nous on pense que celui-ci nous donne déjà assez de travail… (Rires).
Emanuela:Cet album est vraiment créatif.
Oliver: Oui, c’est celui qui se rapproche le plus de ce que nous sommes, de ce qu’est Hillibilly Moon Explosion. C’est une compilation entre le premier et le troisième album. On sent nos influences rock, enfin, plus qu’auparavant. Ce qui a joué aussi, dans le son que nous avons sur Raw Deal, c’est le fait qu’aucune des machines de notre studio n’était fabriquée après 1965… Tout était vintage, alors ça donne du cachet à nos morceaux. On ne pouvait pas tout recommencer, on a quasiment enregistré nos chansons en live. D’ailleurs, les voix, nous les avons enregistrées en quelques prises seulement.
Emanuela : On travaille ensemble avec Olivier sur les paroles, chacun de notre côté et ensuite on se réunit. C’est plutôt simple.
Oliver : Généralement, la musique arrive dans mon esprit en premier, c’est ma façon de travailler.
Vous qui êtes clairement influencés par des styles de musique plutôt oldschool, vous aimez des artistes récents ?
Duncan James (guitare) : C’est-à-dire que l’on n’a pas vraiment le temps de découvrir des choses nouvelles, tellement nous sommes occupés par notre musique.
Oliver: Pour vous donner une idée, lors de la dernière session dans le studio, nous avons enregistré 40 chansons en 4 jours…
Duncan: On ne dort pas! (Rires). On joue de 8h du matin, jusqu’à 21h parfois.
On ne rigole pas lorsqu’on vous dit qu’on fait de la musique!On est constamment en train de composer. Par contre, pour nous, c’est difficile d’écouter d’autres styles de musique que ceux qui se rapprochent du nôtre. Notre oreille est habituée à un genre.
L’argent joue-il un rôle important pour vous?
Oliver:Bien sûr, ça dépend de qui paye le studio, ça nous donne plus ou moins de temps pour travailler. Quand c’est nous, on travaille vite, quand c’est la maison de disques, on se sent plus libres de prendre le temps. Ce n’est pas sympa, mais c’est comme ça.
Quand on voit votre style, on ne peut s’empêcher de se dire que vous faites référence au cinéma. D’ailleurs, la photo de Raw Deal semble tout droit sortie de Mulholland Drive de David Lynch…
Emanuela : C’est sûrement parce que nos chansons pourraient êtres utilisées pour la bande originale d’un film. Notre travail colle assez bien au monde du cinéma, ce n’est pas la première fois qu’on nous le dit.
Oliver: On ne se rend pas trop compte de l’impact de nos morceaux, mais je veux bien croire que notre univers n’est pas très éloigné de ce type de cinéma. C’est un compliment pour nous.
Être toujours réduits à la case fifties, ça ne vous dérange pas ?
Oliver : C’est vrai que la plupart des gens, lorsqu’ils entendent notre musique, pensent que nous ne jouons que du rockabilly et basta. Mais ça ne nous dérange pas vraiment, ils sont à moitié dans le vrai, car c’est notre style. Nous sommes un groupe de rockabilly. Nous ne renions pas nos origines.
Guillaume Graf
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