Interview Murderdolls

MISE AU POINT AVEC LES DEUX TÊTES PENSANTES DE MURDERDOLLS, QUI COMPTENT BIEN RÉTABLIR L’ORDRE SUR LA SCÈNE MÉTAL

interview MurderdollsWoman & Children Last est un album différent du précédent ?

Joey Jordison (guitare): Complètement. Je me sens confiant vis-à-vis de cet album. La première chanson de celui-ci est une intro qui marque la continuité avec Beyond the Valley of Murderdolls. On a appelé cette intro The World According to Revenge, pour montrer que ce nouvel album est comme une revanche pour nous, un nouveau départ. On a envie de dire à tout le monde qu’on revient et que l’on va tout défoncer sur notre passage.

Vous trouvez que la musique actuelle a besoin d’un électrochoc ? Qu’elle est moins bonne qu’avant ?

Franchement, ce n’est pas pour être prétentieux, ni descendre un groupe en particulier,mais bon, tout ce qui se fait sur la scène métal est vraiment chiant. Ce n’est que moi qui rêve?

Je suis du même avis que vous… Mais c’est le cas dans tous les styles de musique. Vous pensez que c’est dû à quoi ?

Les groupes n’ont plus d’âme! C’est la même chose et encore pareil, et encore pareil, et encore pareil…Aucun renouvellement. Quand j’en parle avec Wednesday (ndlr l’autre partie de Murderdolls, le chanteur), on est vraiment blazés. Par exemple, lors de ma dernière tournée avec Slipknot (ndlr c’est leur batteur), on a essayé d’aller plus loin, de ne pas se contenter de ce qu’on sait déjà faire. Il n’y aucun groupe qui me plait. Aucun… Mais c’est parce que les musiciens sont tous formatés, ils n’apportent plus rien à leur musique puisqu’ils sont vides.

Alors Murderdolls a apporté quoi ?

C’est le premier disque où, avec Wednesday, on s’est assis et on a écrit ensemble notre musique. Je pense que c’est la clé: la collaboration. Beyond the Valley of Murderdolls était bien, je ne le renie pas, on a passé du bon temps, mais il était clairement en dessous de nos capacités. On a écrit les paroles ensemble, c’était ce que nous voulions, partager des moments d’intimité. Le fait de se retrouver tous les deux, après tant de temps, était merveilleux, car on est fait pour fonctionner ensemble. Je sais ce que Murderdolls doit être, et lui voit les choses de la même façon. Lorsque l’on a commencé à essayer des parties de guitare en studio, on se disait:mon dieu, c’est tellement bon! Je ne pense pas que les autres groupes sont aussi soudés que nous pouvons l’être. Je ne veux pas non plus faire partie de ces groupes qui surfent sur la vague médiatique des vampires, le coup de foudre et les amis de Frankenstein…Je veux juste écrire de bonnes chansons en continuant à être parfois drôle.

Vous et Wednesday êtes comme des frères…

C’est exactement ça, il est mon âme soeur. Et je sais qu’il pense pareil de moi, nos cerveaux sont connectés. Il n’a qu’à me regarder et le message est passé.

Il paraît que vous avez écrit plus de 50 chansons au total !

C’est vrai que l’on a eu beaucoup d’idées et qu’on a passé du temps en studio, voilà pourquoi ça a donné un paquet de morceaux. On en a tellement… Mais pour le choix de celles de l’album, on a juste pris les plus abouties, celles qui fonctionnaient le mieux. Avec Wednesday, on a tout de suite compris que la machine était repartie. On a fait cet albumen 25 jours seulement, c’est dire!

Vous avez l’air de l’aimer cet album…

Ce disque est juste incroyable, vous voulez dire ! Vous avez sûrement dû l’écouter, mais il n’est pas encore fini, le mastering sera différent. On l’a enregistré à Hollywood, c’était un signe du destin. Je me levais le matin très tôt et j’allais travailler jusque tard dans la nuit. J’ai même une particularité : je n’oublie jamais une mélodie que j’ai en tête, je suis comme un disque dur. Ça m’aide beaucoup pour composer, je n’écris jamais rien sur papier.

Vous êtes hyperactif ?

Je suis un homme très occupé, je n’arrive pas à ne rien faire, rester dans mon coin. Lorsque la dernière tournée avec Murderdolls s’est achevée, je suis rentré chez moi, avec ma femme et mon chat Mokey. Bon, pour être honnête, au début c’était plaisant, mais ensuite j’ai vite tourné en rond, un peu comme le chat (rires). Je ne sors pas beaucoup, alors je n’avais qu’une hâte, c’était de recommencer à composer, tourner, jouer sur scène…

Vous n’êtes pas très connu aux États-Unis, votre pays, contrairement à l’Europe, où on vous adore. Cela vous dérange ?

On a dû jouer pas plus d’une vingtaine de fois aux États-Unis, c’est tout. Mais ça ne nous dérange pas. Je pense que les gens ont flippé quand Murderdolls a commencé, personne n’était comme nous. Ça leur faisait sûrement peur, qui sait. Par contre en Europe, tout le monde aime notre musique et notre look, le public est plus ouvert. Vous savez quoi? On s’en fout des U.S.A … On n’en a pas besoin. Murderdolls existera toujours ailleurs.

Murderdolls n’est donc pas un side-project pour vous…

En aucun cas ! C’est même ma priorité. Plus que tout.

Travailler avec Mick Mars, de Motley Crue, c’est un rêve de gosse ?

Il est venu jouer sur Drug Me to Hell et Blood Stained Valentine, c’était super pour nous. Le truc, c’est qu’on ne voulait pas faire un album avec plein de guest et de collaborations, comme Slash par exemple. On s’est dit que Mick n’avait jamais eu ce luxe de faire ce qu’il voulait sur un morceau, alors on lui en a donné l’occasion. Le faire jouer sur notre musique nous a paru évident, et c’est incroyable, parce que c’est une de mes idoles. Il n’était même pas question d’argent avec lui, il a juste accepté. Quand il a commencé à jouer, il s’est approprié la chanson tout de suite. Mythique.

Guillaume Graf

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