LE FRONT LEADER DE KORN, JONATHAN DAVIS, OPÈRE UN RETOUR AUX SOURCES. LE RÉSULTAT : KORN III : REMEMBER WHO YOU ARE. UN GRAND DISQUE
Korn III : Remember who you are sonne comme les anciens albums de Korn, et vous avez choisi de travailler avec Ross Robinson. Revenir aux sources c’était voulu ?
Jonathan Davis (chant) : Oui, tout à fait. Nous avions besoin de nous retrouver, comme auparavant. On a fait plusieurs sessions ensemble en studio et lorsque nous avons joué, ça sonnait comme à nos débuts. Sûrement parce que c’est une étape intermédiaire, pour mieux avancer. Je pense que notre public aussi est demandeur de ce style de musique, assez naturel, intuitif et presque naïf, comme à nos débuts. Ça a fait un bien fou à tout le monde, ça a remis les choses au clair.
D’où le titre de cet album…
Oui, on voulait tous se concentrer sur d’où l’on vient. Sans prétention. Comme quand nous étions des gamins et que nous ne faisions de la musique que pour s’amuser. Je ne dis pas que nous sommes intéressés par l’argent maintenant, mais nous avons essayé de revenir à un état d’esprit plus jeune, plus innocent.
Vous pensez que c’est le destin qui vous a poussés à faire un retour en arrière ?
Voilà. C’était assez excitant de travailler de cette manière. On s’est sentis à l’aise avec cette façon de composer et d’enregistrer. En même temps, on fait comme on peut, alors oui, c’est le destin. Remember who you are est un parfait mélange de tout ce que l’on a fait par le passé. Pour l’enregistrement, nous n’étions que tous les quatre dans une petite pièce, c’était comme à l’ancienne. Le Korn d’aujourd’hui est le meilleur de ce qu’on peut être. Ross nous a aidés à nous recentrer sur des accords et des rythmiques simples, il nous a poussés dans nos retranchements. Il m’a rendu fou ! (rires).Chacune de prises de voix était intense. Mais je lui en suis reconnaissant.
Et vos paroles ?
Quand j’écris, j’essaie que cela soit le plus fluide possible. J’écris à propos de choses qui me concernent ou pas, ça dépend. Je suis quelqu’un de sensible aux problèmes des autres, alors parfois ça donne des paroles plus agressives. Ce qui me motive, c’est de voir tous ces adolescents qui se sentent concernés par ce que je dis, ça me donne beaucoup de force. Je respecte énormément mon public.
Malgré tous les changements au sein du groupe, vous avez dit qu’il n’a jamais été aussi bon. Vous avez trouvé votre équilibre ?
En quelque sorte. Nous sommes très unis et nous fonctionnons plus ou moins la même manière. Nous jouons à cent pour cent avec notre coeur, c’est ce qui fait, qu’hormis le fait que je suis entouré de musiciens talentueux, le groupe n’a jamais été aussi cohérent.
Vous aimez toujours autant les sujets sensibles en tout cas. Lorsqu’on voit sur votre pochette cet homme pervers qui attend cette petite fille dans sa voiture… C’est de la provocation ?
Ce n’est pas de la provocation pure, parce que nous ne sommes pas comme ça. Ce qu’on aime, c’est interpeller les gens, les faire réfléchir. Cette illustration est aussi belle qu’elle est flippante. C’est le contraste de Korn, mélanger les sentiments et les sensations.
Être le chanteur de Korn et avoir une vie de famille, c’est compatible ?
C’est beaucoup plus compliqué pour moi de faire tout ce que je veux et surtout quand je veux, contrairement à mes débuts. Mais c’est la vie, c’est une évolution. Avoir une famille ne m’empêche pas de composer et de faire des tournées, alors tout va bien (rires). Je suis le plus heureux des hommes.
Mélody Leblond
Start Up 154
