Interview Bird Paula

BIRD PAULA A CROISÉ LES PLUS GRANDS, DE HENDRIX À NICO EN PASSANT PAR WARHOL… MAIS ELLE N’EN RESTE PAS MOINS HUMBLE. RENCONTRE

interview bird paulaComment trouvez vous Give in to love?

Je suis très contente de cet album, j’ai l’impression que c’est l’aboutissement d’un long travail. J’avais déjà fait un album, il y a cinq ans, mais cette fois-ci c’était différent. Travailler avec Renaud Letang (ndlr producteur de Feist, Manu Chao, Alain Souchon…) et ses excellents musiciens était une expérience enrichissante.

Vous ressentiez de l’appréhension avant d’aller en studio?

Oui, beaucoup. J’étais plutôt angoissée avant de commencer l’enregistrement. Mais Renaud Letang m’a aidée à me sentir à l’aise. Je connaissais son travail depuis longtemps et j’avais aimé sa collaboration avec Feist. Lorsque j’ai signé chez Universal, ils m’ont dit qu’ils allaient faire produire quatre titres par Renaud, et à ce moment là j’ai croisé un D.A de Polydor qui a dit “on adore ! on signe”.Ça s’est fait comme ça.

Tout était déjà écrit à l’avance ?

C’est cela, j’avais écrit toutes les paroles et les musiques avant d’aller en studio et on a enregistré la plupart des chansons juste en guitare et voix. Ensuite il a fait venir des musiciens, qui ont construit autour de cette trame.

Vos paroles sont autobiographiques, par exemple sur Chicago…

Presque toujours, la musique vient avec les paroles. J’entends une mélodie à l’intérieur de moi et je la chante avec ma guitare ou mon piano. C’est indissociable. La chanson Chicago est autobiographique ça parle de mon enfance.

Vous êtes nostalgique, alors ?

Pour moi non, ce n’est pas vraiment de la nostalgie. Dans Chicago, j’évoque des moments assez tragiques, c’est une sorte de mise au point. C’est un peu pour clore un épisode. C’est un regard vers le passé, mais pour mieux affronter le futur.

Vous écoutiez de la musique pendant votre enregistrement ?

Non, parce que c’était une bataille. Je me levais, on allait au studio et c’était très intense. Le soir quand je rentrais j’étais tellement crevée que je ne pouvais pas faire autre chose que de penser à ma musique.

Ca vous manque maintenant que c’est fini ?

Ce qui me manque, enfin, ce que j’aime, c’est la créativité, faire des chansons. J’aime cette phase où l’on est comme dans une bulle, enfermé. Ensuite, ce qui me console, c’est la suite, la rencontre avec le public. J’ai hâte de passer à l’Européen en septembre. Je serai avec un groupe: piano, basse, batterie et je jouerai de la guitare.

Votre musique est vraiment un mélange des genres : soul, blues, jazz et pop…Pourtant, il y a une unité dans cet album

C’est-à-dire que je ne savais pas si toutes ces directions et influences pouvaient être unies. Par exemple, j’en parle dans Picnic Party, c’est un vrai mélange de styles, boogie, honky tonky, jazz et rockabilly. Renaud a dit que pour lui c’était des chansons et que l’on pouvait prendre n’importe quelle direction parce qu’elles étaient bien écrites. Alors j’étais confiante. Beaucoup d’artistes se disent qu’il vont faire un album uniquement jazz, ou que du blues, mais comme c’est un peu toutes mes influences, ça fait partie de mon style. C’est vrai que j’aime bien écrire des paroles que l’on peut interpréter de telle ou telle façon. Il y a différents niveaux de lecture, pour que ce soit plus riche.

Lorsque vous étiez enfant, vous avez pratiqué le chant lyrique, c’est de là que vient votre belle voix ?

Quand j’étais petite, j’ai beaucoup chanté dans des chorales et à l’Église. Et j’ai travaillé le chant lyrique parce que je voulais connaître quelque chose de différent, par curiosité. J’ai tellement chanté que je ne pense plus à la manière dont je chante, sinon je ne fais plus passer l’émotion. Le chant n’est pas une performance pour moi.

Votre expérience dans le mannequinât vous a t-elle aidée pour débuter dans la musique?

C’est-à-dire que maintenant, on est beaucoup dans l’image dans la musique. C’est vrai que ça a dû me servir pour être à l’aise devant les caméras, mais c’était un peu frustrant à l’époque… J’avais commencé à le faire pour finir mes études mais ça duré plus que prévu et ça m’a surtout emmené à Paris.

Justement, vous êtes venue à Paris et n’en êtes jamais repartie…

Pour moi, c’est la ville idéale. Paris c’est magique. J’ai trouvé Paris tellement beau lorsque je suis arrivée ici, que je n’ai pas pu repartir. Quand j’étais enfant, j’étais fascinée par l’architecture, les jardins, les parcs et surtout la langue, que j’aimais. Après, c’est en lisant des écrivains comme Hemingway, Fitzgerald, et en découvrant les peintres que j’en suis tombée amoureuse. J’aime cette atmosphère si particulière et artistique. Le cinéma m’a aussi beaucoup influencée, mais j’essaie d’être l’actrice de mes propres chansons.

Vous avez aussi côtoyé les plus grands: Jimi Hendrix, Warhol, Nico, Marc Bolan…

J’ai mis ça dans la biographie pour situer une époque. La rencontre avec ces gens là était naturelle. Je pense qu’on peut aussi aujourd’hui faire ça. Prince allait aux Bains Douches régulièrement à une époque, mais peut-être que la musique était encore une petite industrie, alors ça facilitait les choses. C’est maintenant géré par des multinationales alors on a moins facilement accès aux stars.

Une rencontre qui vous a marquée ?

Maria Callas, ma rencontre avec elle a été bouleversante, fulgurante.

Une idole de jeunesse ?

Mon idole absolue c’était Marilyn Monroe, pour le mélange qu’elle dégage. Cette innocence de femme-enfant et en même temps elle est très féminine et sexy. Elle est d’une grande douceur.

Mélody Leblond

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