Danger Mouse / Sparklehorse

DangerMouse - SparklehorseEnfin ! Le meilleur album de l’année 2009 est désormais disponible commercialement en 2010, après avoir affolé la planète Internet et les blogosphères puisqu’il n’existait que sous forme virtuelle en téléchargement. Une astuce, un “faute de mieux” organisé par Mark Linkous, le prodige folk de Sparklehorse, tragiquement disparu cette année et par Brian Burton, alias Danger Mouse, cofondateur de Gnarls Barkley, producteur pour Gorillaz et Beck, véritable provocateur (on lui doit The Grey album, un mix non autorisé entre le Black Album de Jay Z et le White album des Beatles), habitué aux coups d’éclats et aux conflits avec ses maisons de ; disques. Dark night of the soul aurait pu ne jamais sortir, à cause d’une question de droits non déclarés sur les samples de l’album, d’où un véto par la major EMI. Puis de bonnes âmes se sont émues : les cautions de David Lynch, concepteur visuel de ce Dark night of the soul mais aussi une ombre inspirante que l’on retrouve sur deux titres aux textures musicales très proches de l’univers du réalisateur. Mais l’idée assez nébuleuse de ce projet choral s’efface devant la qualité des chansons proposées, leur traitement musical audacieux et surtout, par la qualité du casting proposé. Les invités venus poser leur voix tout au long de Dark night of the soul méritent d’être cités intégralement:Wayne Coyne des Flaming Lips, Gruff Rhys de Super Furry Animals, Jason Lytle de Grandaddy, Julian Casablancas des Strokes, Frank Black, Iggy Pop, James Mercer des Shins, Suzanne Vega, Vic Chessnutt et enfin David Lynch himself. Tous livrent une interprétation remarquable sur ces chansons flottantes, parfois brutales, souvent crépusculaires. La trame classique des compositions de Sparklehorse s’enrichit des climats et des textures électro signées Danger Mouse et ensemble livrent une alchimie rare aux ambiances envoûtantes et vénéneuses. Aucune faiblesse sur ce Dark night of the soul qui risque de nous accompagner pour un bout de temps. Haut la main, l’album de l’année 2010.

Hervé Crespi

Start Up 154

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