Bruce Springsteen London Calling

London Calling: Live in Hyde Park

Bruce Springsteen London CallingLa magie des longues communions springsteeniennes chez soi ? Vous en aviez rêvé, Sony l’a fait. Ce concert londonien de 2009 est la cinquième captation vidéo du Boss en live (voir encadré). Mais c’est la première à être proposée en haute définition avec une image et un son qui prennent toute leur dimension en Blu-ray. Les fans français qui ont été applaudir Springsteen aux Vieilles charrues il y a un an, auraient sans doute préféré voir choisie la kermesse de Carhaix. Mais ce gig d’Hyde Park, une quinzaine de jours auparavant, leur fera retrouver la magie incomparable du rocker. Ce 28 juin 2009, Bruce Springsteen est dans la capitale britannique pour un festival local. Et, au milieu des arbres vénérables (qui ont déjà pris les Stones, Pink Floyd,Queen, Blur ou les Red Hot entre leurs feuilles), le E street band envoie du bois. C’est même l’un des bémols récurrents, ces dernières années : en vieillissant – et en jouant surtout dans d’immenses espaces–la bande du Boss a perdu en subtilité; à l’image d’un Max Weinberg plus maréchal-ferrant que batteur. Cette rythmique pachydermique est particulièrement criante sur le répertoire récent et majoritairement balourd (Outlaw Pete, Lonesome Day, the Rising,…). Mais ces réserves valent peanuts comparées au panard taille 52 que l’on prend à assister au fascinant spectacle d’un Américain trapu de 59 ans, qui se donne à son public, comme si sa vie en dépendait. Comme si c’était le dernier soir. Le dernier solo de Clarence Clemons. Les dernières “harmonies” avec Steve Van Zandt. La dernière cavalcade du clavier de Roy Bittan. La dernière farandole. Le dernier rappel. Alors le gars Bruce, en nage, donne tout.Un coup de chapeau de vieux fan à Joe Strummer, en reprenant London Calling. Les deux tiers de Born to Run, les pépites de Darkness  on the Edge of town et de Born in the USA, quelques perles de son insipide discographie récente (Waiting on a sunny day, Radio nowhere…).Et tant pis s’il oublie ce soir là des musts comme Thunder Road, Backstreets ou Because the night. L’espace d’une bouleversante parenthèse de trois heures dans nos vies, le Patron colle une rustine à des valeurs qui prennent l’eau (humanité, fraternité, générosité, rock’n'roll), et accessoirement une grosse baffe aux deux tiers des blancs becs actuels. God save the boss!

Bertrand Rocher

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